Je publie cette lettre sur ce blog, et je mettrai à jour ce billet avec la réponse du Maire.

Monsieur le Maire,

Le 17 janvier 2014, la Ville de Carrières-sous-Poissy a fait accrocher sur la façade de l’Hôtel de Ville les portraits des quatre journalistes français retenus en otage en Syrie depuis dix mois : Édouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres.

Alors que la diplomatie est souvent discrète et lente pour aboutir à une libération, la Ville de Carrières-sous-Poissy a marqué ainsi son soutien aux otages et à leurs proches, plongés dans l’attente et l’incertitude. La présence de ces portraits aide aussi les citoyens à ne pas oublier le sort des otages français. Les ex-otages soulignent fréquemment l’importance de ces actions, aussi limitées semblent-t-elles dans leur portée, et ils soulignent combien ces soutiens ont compté pour surmonter cette épreuve. Cette action de la Ville a d’ailleurs été saluée par les proches des otages, comme on peut le voir sur la page Facebook de soutien à Nicolas Hénin et Pierre Torres.
Capture d'écran de la page Facebook de soutien aux otages en Syrie
De plus, par cette action, la Ville souligne aussi l’importance du courageux travail effectué par les journalistes. L’habitant de Carrières-sous-Poissy en tant que citoyen est concerné autant par ce qu’il se passe dans sa ville qu’en dehors de la ville lorsque le sujet touche à la défense de la paix et à la liberté d’expression.

C’est pourquoi j’ai été stupéfait ce jeudi soir de constater le retrait de ces portraits de la façade de l’Hôtel de Ville, alors que les otages sont toujours détenus. Ce retrait est non seulement  susceptible de provoquer tristesse et incompréhension pour vos concitoyens, mais plus encore pour les proches des otages. Le soutien aux otages journalistes est un acte républicain qui transcende les alternances politiques, à moins de considérer que la liberté d’informer et la liberté d’expression ne constituent pas un des piliers de notre démocratie. De plus, à partir du moment ou ces portraits ont été affichés, la Ville de Carrières-sous-Poissy est engagée moralement quelques soit l’équipe de représentants politiques qui dirige la Ville.

Enfin, alors que la population carriéroise m’a semblé fortement divisée au soir des résultats de l’élection municipale et lors du premier conseil municipal, je crois que le maintien des quatre portraits aiderait à apporter de la sérénité à la ville. Les sujets fédérateurs de la paix et de la liberté d’expression dont vous semblez être partisan à travers vos engagements de campagne permettraient à l’ensemble des citoyens de Carrières-sous-Poissy de se rassembler.

Pour toutes ces raisons, j’espère que ces quatre portraits n’ont été décrochés que momentanément, et qu’ils retrouveront leur place le plus rapidement possible. Vous montrerez ainsi que vous êtes le maire de tous les carriérois et œuvrez en faveur de l’intérêt général.

Dans l’attente de votre réponse, soyez assuré, monsieur le Maire, de l’assurance de ma considération distinguée.

Thibaut FRANCOIS